Psychologie

Le journal intime, un exercice thérapeutique

Ecrire est libérateur, et j’en ai fait l’expérience. J’ai commencé à tenir un journal à une période de ma vie où je me surprenais à élaborer des réflexions qui me paraissaient intéressantes à noter, histoire de garder une trace, car j’oubliais quasi instantanément mon auto-analyse interne. Je souhaitais prendre conscience de ce qui se jouait en moi pour mieux me comprendre et pour me sentir mieux. Et ma mémoire – ou mon refoulement – me jouant des tours, le fait d’écrire a été ma solution pour continuer mon cheminement intérieur.

Dénouant de plus en plus des aspects de ma vie et de mon fonctionnement mentalement, le besoin de les retranscrire dans un journal s’est fait de plus en plus pressant, présent. J’éprouvais aussi un grand besoin de mettre du sens sur ce qui se déroulait dans ma vie, et cela m’a beaucoup aidée à comprendre mon vécu, de par le recul que l’écriture permet. J’ai pu constater plus clairement mon évolution, mes ressources et mes perspectives d’apprentissages par la même occasion. Mes émotions me traversent ainsi plus simplement, ce qui facilite l’acceptation et le lâcher prise. Cela m’évite aussi de garder en tête mes analyses et souvenirs désagréables, de ruminer et de tourner en rond à ce propos, ce qui accentuait un certain mal-être. Je ressentais en fait le besoin d’extérioriser pour continuer à construire ma propre pensée dans un sens évolutif, et de cette manière, elle s’en est retrouvée clarifiée, plus élaborée.

Tenir un journal intime rend également les choses plus réelles, et me permet d’affronter plus facilement. Paradoxalement parfois, écrire me permet aussi d’éviter. Cela me donne en fait l’opportunité de me retirer de manière passagère d’un réel devenu trop envahissant, dérangeant, douloureux. Ce n’est que lorsque je me sens prête que je me confronte progressivement à ma vérité intérieure, à mes peurs et mes sentiments difficiles. De cette manière, je peux digérer, intégrer ce qu’il se passe pour moi à mon rythme et me réapproprier mon vécu. Car lorsque j’écris, c’est moi qui ait le contrôle sur le contenu que j’exprime, le moment où je l’exprime, avec quelle intensité, et à quel débit. Ecrire, c’est donc aussi reprendre le contrôle. Reprendre le contrôle sur sa vie, sur soi, sur son vécu, quand celui-ci a pu par moments nous échapper. C’est comme trouver un refuge lorsqu’on se sent en insécurité, incompris, isolé du monde. C’est se reconnaître soi par soi.

D’autres bénéfices se sont très vite fait ressentir : m’exprimer dans un journal me permet de faire le point sur ma vie, mettre des mots sur mes maux, décharger mes tensions, améliorer mon introspection, … En posant sur papier ou sur clavier, écrire met de l’ordre dans mon univers intérieur, apaisant ainsi l’anxiété et faisant plus de place à la sérénité et à la paix. Par conséquent, cela me donne petit à petit la possibilité d’acquérir plus de discernement. Le bienfait central que le fait d’écrire me procure, c’est de devenir plus consciente. Et être plus consciente me permet de reprendre mon pouvoir personnel en main. En déposant dans mon journal ce qui ne me sert pas, cela me rend libre d’accorder plus de temps et d’espace dans mon esprit à ce que je souhaite, me recentrant sur mes intentions. Ce fut le début de la guérison lorsque j’en ai pris conscience, car me délester de la souffrance me remit progressivement en alignement. Une fois le tableau effacé, le filtre de mon univers intérieur nettoyé, la beauté, la richesse de la vie ainsi que mes rêves et projets les plus fous se sont révélés à moi, et j’ai pu être enfin disponible pour m’y consacrer.

S’accorder le temps d’écrire, c’est non seulement prendre soin de soi, mais c’est surtout se donner à soi-même l’occasion de changer de vie, pas à pas, par une plus grande disponibilité de conscience, et donc de choix.

Vous retrouverez les conseils du psychiatre et psychothérapeute Christophe André (2min29 de la vidéo) si vous souhaitez optimiser les bienfaits de l’écriture dans un journal intime.

Quelle est votre expérience avec l’écriture et la tenue d’un journal ? Retirez-vous d’autres bénéfices de cette pratique? Bien à vous, Emilie

 

 

2 réflexions au sujet de “Le journal intime, un exercice thérapeutique”

  1. Je suis tout a fait d’accord avec toi, je tiens moi même un journal intime et ça me sert beaucoup a me comprendre, et surtout a exprimer mes émotions (moi qui est du mal a le faire à l’oral). C’est vraiment un exercice qui nous libère 🙂

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